Une reconversion originale pour un ancien sanatorium belge

Dès 1930, le château de Lovie (à Poperinghe, à l’ouest d’Ypres) servait de sanatorium. Chaque année, il accueillait et soignait 500 personnes affectées par ce que l’on appelait à l’époque la « peste blanche ». Trente ans plus tard, seuls 18 patients y étaient encore pris en charge. Le sanatorium a fermé, pour laisser place à un lieu de création de valeur sociale.

 

Appareil à pneumothorax artificiel

« Avant la Seconde Guerre mondiale, le traitement de la tuberculose consistait à rester au lit et respirer un air sain », nous raconte Johan Sierens, fils cadet de l’ancien directeur et médecin du sanatorium. « Certains patients étaient assistés par un appareil à pneumothorax artificiel. Au moyen d’une aiguille, on insufflait de l’air dans la cavité pleurale. Ainsi, le poumon lésé s’affaissait et était “mis au repos”. »

Par an, le sanatorium voyait passer 500 hommes et se présentait comme un véritable petit village. Laverie, bouche- rie, boulangerie, potager… Les patients n’avaient aucune raison de quitter leur « lieu de quarantaine » pendant les six mois de traitement.

Se laver les mains dix fois par jour

Johan et ses trois frères et sœur habitaient en face du château. Tous les ans, ils étaient préventivement testés à la tuberculose. « Mon père était terrifié à l’idée que nous puissions être infectés. On devait se laver les mains dix fois par jour. »

13 000 personnes par an mouraient de la tuberculose

Au début du siècle dernier, 13 000 personnes par an mouraient de la tuberculose en Belgique. Après la Seconde Guerre mondiale, l’arrivée des antibiotiques a donné
un coup d’accélérateur à la prise en charge de la maladie. La tuberculose a perdu du terrain et le nombre de patients a diminué en proportion. En 1960, alors que le sanatorium n’accueillait plus que 18 patients, il a été fermé.

Le sanatorium en lui-même deviendra bientôt un lieu de rencontre pour per- sonnes porteuses (ou non) d’un handicap. Plus d’infos sur www.delovie.be.