Tuberculose : même la Belgique n’est pas à l’abri !

Hassan, 35 ans, est atteint de tuberculose. Qui plus est, il était jusqu’il y a peu sans-abri… Vous pensez sûrement que nous allons vous parler de la tuberculose en Afrique, en Asie ou en Amérique latine… Eh bien, non. Vous vous trompez : la tuberculose frappe parfois bien plus près de chez nous qu’on le pense généralement. En raison de l’augmentation du nombre de sans-abri à Bruxelles et de la contagiosité élevée de la maladie, on recense chaque année en Belgique environ 1 000 nouveaux cas de tuberculose. Voilà pourquoi Action Damien, BELTA – l’Association belge contre la tuberculose – ainsi que notre partenaire et centre d’accueil Vrienden van het Huizeke asbl ont décidé d’unir leurs forces.

Nous nous sommes entretenus avec Hassan, atteint de tuberculose, et avec Fiona et Andy, tous deux assistants sociaux chez Vrienden van het Huizeke.

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Le projet BELTA, qui fait quoi ?
BELTA veille à ce que tous les patients atteints de tuberculose vivant en Belgique puissent être diagnostiqués et soignés gratuitement, et les accompagne jusqu’à la fin de ce long traitement, en leur apportant un soutien. Action Damien finance des places d’accueil pour les personnes sans-abri souffrant de tuberculose dans la maison d’accueil de notre partenaire Vrienden van het Huizeke. Ils peuvent ainsi s’y rétablir dans un environnement sûr et approprié.

À la rencontre d’Hassan, de Fiona et d’Andy

Nous sommes le 19 mai 2020. Hassan nous reçoit dans son appartement de Molenbeek et nous parle de sa jeunesse difficile au Maroc, où il a grandi dans une famille pauvre et en proie à de graves problèmes. Il y a trois ans, il a décidé de traverser la Méditerranée et de rejoindre l’Europe, espérant y trouver des conditions de vie meilleures et un emploi. Il s’est finalement installé à Bruxelles. Pendant trois ans, il a vécu tantôt dans la rue, tantôt dans une chambre avec d’autres personnes sans-abri. Malgré tous ses efforts, Hassan n’est pas parvenu à trouver un emploi. Cela ne l’a pas empêché de s’investir en faveur d’autres réfugiés, comme bénévole.

 

Quand le sort s’acharne

Et comme si cela ne suffisait pas, sa main a commencé à le faire souffrir et ses jambes se sont mises à gonfler. Le diagnostic de tuberculose est rapidement tombé. Il a d’abord été soigné à l’hôpital mais sa santé n’a pas tardé à se détériorer, notamment car il n’avait pas de logement. Continuer à vivre dans la rue n’était d’ailleurs pas une option car la tuberculose est extrêmement contagieuse. Une situation sans issue…

Du moins jusqu’il y a six mois, quand Hassan a découvert, grâce à BELTA – l’organisation qui s’occupe de son suivi médical – l’existence de Vrienden van het Huizeke asbl, où il bénéficie d’un accompagnement psychosocial et d’un hébergement pendant toute la durée de son traitement médical, des services financés entre-temps par Action Damien.

Hassan nous explique qu’il reçoit à présent un traitement médical contre la tuberculose et que les médecins recherchent la cause du gonflement douloureux au niveau de ses jambes. Il essaie de rester optimiste, mais les choses sont difficiles pour lui : « Il n’y a qu’une seule chose à faire, c’est d’attendre, mais j’ai du mal à m’y résigner. Je guette une amélioration mais je me sens malade. Depuis le COVID, je ne vois plus personne. Je suis tout seul dans cette chambre. Je tue le temps en lisant et en regardant par la fenêtre ; je ressasse mes malheurs. »

Andy, assistant social chez Vrienden van Het Huizeke explique que la plupart des patients atteints de tuberculose accueillis par l’organisation ont entre 25 et 50 ans. Leur vie leur semble dénuée de sens, tant leur situation est désespérée. Ils ne sont acceptés nulle part et n’ont aucun droit. Andy explique : « Nous les aidons à envisager les choses sous un jour plus positif. Les patients peuvent ainsi trouver en eux la force de continuer et de ne pas abandonner. »

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Un apaisement

Vrienden van het Huizeke n’offre pas seulement un soutien psychosocial et un hébergement, l’association fournit également une aide concrète pour les démarches administratives et met en place un réseau social de soutien ou une assistance psychologique pour faciliter la réinsertion sociale. Hassan a ainsi été aidé dans ses démarches de régularisation pour raisons médicales, ce qui lui a permis de sortir de l’anonymat. Il a retrouvé espoir : « Je veux être quelqu’un. »

Fiona, assistante sociale chez Vrienden van het Huizeke constate à quel point ces personnes changent pendant leur séjour dans la maison d’accueil : « Lorsqu’ils arrivent chez nous, ils n’ont rien car ils vivaient jusqu’ici dans la rue. Alors, quand on leur apprend qu’ils auront un toit pendant la durée de leur traitement, on lit immédiatement l’apaisement dans leur regard. Le sourire leur revient. Ils retrouvent le sommeil, peuvent prendre une douche et manger normalement. Cela fait chaud au cœur de voir qu’ils se sentent beaucoup mieux tout d’un coup. »

L’approche de prise en charge, qui associe traitement et hébergement en maison d’accueil, s’est révélée particulièrement efficace. En 2015, le taux de guérison des patients sans-abri souffrant de tuberculose à Bruxelles n’était encore que de 66 %, mais en 2019, il atteignait 85 %, un pourcentage jamais enregistré en Belgique.

 

En soutenant des sans-abri contaminés par la tuberculose comme Hassan, nous leur offrons un avenir dans lequel se projeter. Faites un don aujourd’hui encore. Nous pourrons ainsi voir l’apaisement dans leur regard.

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