Préserver l’efficacité des antibiotiques est un enjeu de santé mondial. En Guinée, où la tuberculose est encore très répandue, la résistance aux médicaments rend la situation particulièrement préoccupante.
Quand un refus d’antibiotiques protège notre santé
Votre médecin a-t-il déjà refusé de vous prescrire des antibiotiques, alors que vous les demandiez expressément ? Ce refus repose souvent sur une raison essentielle : préserver l’efficacité de ces médicaments sur le long terme.
Les bactéries peuvent en effet développer une résistance lorsque les antibiotiques sont utilisés de manière excessive ou inappropriée, ou lorsque les traitements ne sont pas suivis jusqu’à leur terme. Dans des pays comme la Guinée, ce risque est encore plus préoccupant. C’est ainsi qu’une maladie comme la tuberculose, peut évoluer vers des formes résistantes.
Une forme de la maladie beaucoup plus difficile à soigner
La tuberculose résistante est particulièrement dangereuse, car elle est bien plus difficile à soigner. Les personnes atteintes ont besoin de médicaments plus puissants, et donc plus coûteux. Ces traitements peuvent provoquer des effets secondaires importants : nausées et fatigue, mais parfois aussi des troubles bien plus graves, comme une perte de l’audition ou de la vue. Chaque patient doit dès lors être suivi de très près tout au long de son traitement. Or, en Guinée, l’accès à ces soins spécialisés reste limité.
Quand chaque transmission renforce la bactérie
Aujourd’hui, 3 personnes sur 5 atteintes de tuberculose résistante n’ont pas accès à des soins de qualité. Beaucoup souffrent de la maladie pendant des mois, voire des années, avant de recevoir le traitement adéquat. Elles risquent d’en mourir, mais aussi de transmettre la bactérie résistante à leur entourage.
Chaque nouvelle transmission de la maladie est une occasion pour la bactérie de devenir plus résistante. De patient en patient, un cercle vicieux s’installe, avec à la clé une menace pour la santé publique mondiale. Chaque année, des centaines de milliers de personnes dans le monde sont touchées par cette forme tenace de tuberculose.
Notre réponse : innovation, recherche, sensibilisation et suivi
Nous agissons sur plusieurs fronts :
- nous investissons dans des outils innovants qui facilitent le dépistage des résistances ;
- nous sensibilisons les communautés et les professionnels de santé à l’utilisation responsable des médicaments ;
- nous menons des recherches sur de nouveaux traitements, plus courts et moins lourds.
Mais surtout, nous accompagnons individuellement les personnes atteintes de tuberculose résistante, du diagnostic jusqu’à la guérison. Grâce à un suivi medical de qualité, à un accompagnement psychologique et, pour les patients les plus vulnérables, à un soutien nutritionnel, nous réduisons le risque d’interruption du traitement.
Et ceci porte ses fruits : plus de 75 % des patients atteints de tuberculose résistante que nous suivons en Guinée guérissent, un chiffre supérieur à la moyenne mondiale.

« Finalement guéri, après 8 ans de traitement »
Bano, 30 ans, est tombé malade au contact de son cousin, lui-même atteint de tuberculose, venu s’installer chez lui. Malgré trois traitements successifs, la bactérie réapparaissait. Faute de moyens pour continuer les soins, son état s’est gravement dégradé, jusqu’à ce qu’il puisse bénéficier de soins médicaux adaptés, avec le soutien de l’équipe d’Action Damien en Guinée.
Un test spécialisé a révélé une tuberculose pré-XDR, une forme rare et résistante. Parce que chaque patient réagit différemment, Bano a reçu un accompagnement sur mesure : un suivi médical de 15 mois, avec cinq médicaments entièrement gratuits, grâce à des personnes comme vous.
Publié le 5 octobre 2026