La tuberculose touche environ 10,7 millions de personnes chaque année et entraîne 1,2 million de décès. Elle représente un défi majeur pour la santé mondiale. Dans un contexte marqué par la réduction des financements internationaux et par des situations politiques et sécuritaires complexes, la continuité des soins est mise sous pression et fait peser un risque réel sur des années de progrès dans la prise en charge de la tuberculose, avec pour conséquence une augmentation de la propagation de la maladie et de sa mortalité.

Les efforts mondiaux pour réduire la tuberculose 

La tuberculose reste la maladie infectieuse la plus meurtrière au monde et figure parmi les dix principales causes de décès. Les chiffres les plus récents de l’OMS indiquent une très légère baisse du nombre de cas et de décès. Cette évolution positive témoigne des efforts des gouvernements et de l’importance des financements internationaux. 

Action Damien contribue activement à ces progrès, notamment par la recherche scientifique de nouveaux outils de diagnostic et de traitements plus efficaces, ainsi que par le soutien social et nutritionnel apporté aux familles touchées. Nos années d’expérience de terrain dans des contextes économiques et politiques difficiles constituent ici un atout majeur. 

Risque de 5 millions de cas de tuberculose supplémentaires 

En dépit de ces avancées prudentes, l’inquiétude prévaut aujourd’hui. À l’échelle mondiale, l’OMS met en garde contre le risque de recul de la mobilisation contre la tuberculose en raison de la diminution des financements publics, de l’instabilité géopolitique croissante et de résurgence des crises à l’échelle mondiale. Des projections prévoient que la réduction des financements entraîneront cinq millions de cas supplémentaires de tuberculose et deux millions de décès qui pourraient être évités entre 2025 et 2035. Les coupes budgétaires dans les soins de santé et de l’aide sociale menacent sérieusement les années de progrès dans la prise en charge de la tuberculose. 

La tuberculose touche principalement les plus vulnérables 

La tuberculose sévit dans tous les pays du monde mais touche avant tout les personnes vivant dans des conditions de grande vulnérabilité. 90 % des cas se concentrent dans les pays à revenu faible et intermédiaire. La précarité des conditions de vie, la malnutrition et le manque d’hygiène affaiblissent le système immunitaire, augmentant ainsi le risque de développer la maladie. Divers obstacles sociaux et économiques – tels que le manque de ressources financières, l’isolement géographique ou le manque d’accès à l’information – font qu’ils n’ont que peu ou pas d’accès aux soins de santé.

Situation actuelle au Nigeria 

Au Nigériaplus de 450 000 personnes sont atteintes de la tuberculose chaque année. Pour enrayer la transmission de la tuberculose, nos équipes agissent au plus proche des communautés : elles assurent des campagnes de dépistage jusque dans les zones les plus reculées, réalisent des tests de diagnostic, fournissent des traitements gratuits, ainsi qu’une aide alimentaire. 

Toutefois, le recul mondial des financements publics impacte déjà le Nigeria : 

  • Moins d’équipements médicaux 
  • Moins de personnel formé 
  • Moins de diagnostics 
  • Et la difficulté à détecter rapidement les éventuelles rechutes 

À terme, nous risquons d’être confrontés à une baisse de la qualité des soins et à une recrudescence de la tuberculose au Nigéria.

Ensemble, mettons fin à la tuberculose 

Mettre fin à la tuberculose n’est pas une utopie. Nous disposons des connaissances nécessaires pour maîtriser la maladie et plaidons dès lors pour une approche durable et intégrée de la tuberculoseLes politiques de santé doivent reposer sur une collaboration équilibrée entre les gouvernements, les ministères de la Santé, les prestataires de soins et les communautés locales. Dans un contexte d’instabilité mondiale croissante, nous affirmons la nécessité d’un financement accru et d’une mise en commun des expertises. C’est la seule voie pour mettre fin à la tuberculose et protéger la santé des populations. 

Publié le 26 mars 2026